Chapitre 5 : La lettre
Voilà un mois que Lyly et Pat étaient à Poudlard.
Elles avaient enfin acheté des vêtements chauds anglais !
Lyly faisait, à présent, partie intégrante du duo Drago-Blaise, parfois accompagnés par Pansy, qui continuait de coller Drago. Elle se rapprochait d'eux un peu plus chaque jour, ce qui inquiétait grandement Pansy.
Pat était, maintenant, connue et appréciée de tous les Griffondors ; elle aimait jouer au chat et à la souris avec Ron, participer aux tournois de Quidditch avec Harry et Ginny, et travailler avec Hermione à la bibliothèque.
Chacune était à l'aise dans cette nouvelle école, si inquiétante au départ, et dans laquelle elles se sentaient enfin intégrées.
Depuis deux semaines, Lyly participait à l'entraînement de Drago et Blaise avant le dîner.
Ils entendirent des cris en entrant dans la Grande Salle. Ils virent alors les élèves, debout sur les tables. Pat était rentrée quelques minutes plus tôt, et s'était précipitée vers le lieu de l'action. Elle s'approchait d'eux, plus lentement.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda Lyly.
-C'est plus ou moins de ta faute...
-Pourquoi ?
-Ton bébé est là...
Blaise et Drago se dévisagèrent, « son bébé » ?
-C'est vrai ? Cool !
-Non ! Pas cool ! répondit Pat, moitié fâchée, moitié amusée.
Elles partirent à la recherche du « bébé », mais ce fut Harry qui le trouva en premier ; il le ramenait à présent à Lyly, le portant autour de son cou.
-Woah ! Merci Harry ! ...tu t'en sors plutôt bien avec les serpents !
-...
-Excuse toi auprès de tous les élèves ! lui dit Pat en lui donnant un coup de coude.
-Ah, oui... désolée tout le monde pour cette petite frayeur !
Tous en oublièrent de manger.
Drago, Blaise et Lyly rentrèrent dans leur salle commune.
-Tu nous avais pas dit que tu avais un serpent ! dit Blaise surexcité, je croyais que c'était interdit à Poudlard !
-...
Elle le déposa dans son carton de voyage et le ferma.
-Comment il s'appelle ?
-Chaton, dit-elle avec tendresse en regardant le carton.
Ils sourirent doucement ; décidément, ils l'appréciaient de plus en plus.
-Bon, je vais me doucher, qui vient avec moi ?
-Quoi ? répondirent tout deux d'une même voix, visiblement très surpris.
Elle se mit à rire, d'un joli rire clair et leur lança un clin d'½il.
-Tu plaisantes n'est ce pas ? demanda Blaise.
-... peut-être, peut-être pas...
Elle leur tourna le dos et monta dans son dortoir.
Quand elle redescendit après une demie heure, Drago était seul dans la salle commune, lisant dans le canapé. Tout le monde était couché. Elle s'approcha lentement par derrière et posa ses mains sur ses yeux. Elle avait senti qu'il avait inconsciemment posé la main sur sa baguette. « Quels réflexes ! » pensa-t-elle.
-Qui c'est ? demanda-t-elle en changeant sa voix.
-Pansy ?
Lyly retira ses mains et lui frappa gentiment l'arrière de la tête. Il rit. Elle comprit qu'il l'avait fait exprès.
-Il y a une lettre pour toi sur la table.
Elle se retourna et vit une magnifique chouette française beige.
-Pirouette !
-Pirouette ?
-Oui, c'est ma s½ur qui a choisi...
Ils rirent ensemble. Elle prit la lettre accrochée à sa patte et la déroula. Elle venait de sa belle-mère.
« Chère Lydie,
Je sais que tu ne me portes pas dans ton c½ur, mais ce que je vais t'annoncer est dur...Ton père est mourant, il ne lui reste que peu de temps à vivre. Il aimerait tant vous voir...Faites lui cette dernière faveur ! Si je n'ai pas envoyé cette lettre à ta s½ur, c'est parce que je sais que ce sera plus dur à accepter pour elle...Décidez-vous vite, ne le faites pas attendre plus longtemps.
Je serai toujours là pour vous, sachez le.
Mère. »
Lyly n'avait laissé paraître aucune expression sur son visage tout au long de sa lecture, mais elle sentait à présent des larmes couler le long de ses joues, de plus en plus de larmes. Drago ne l'avait ni vue, ni entendue, il s'approcha d'elle. Elle était retournée. Il posa ses mains sur ses yeux et sentit ses larmes. Il les retira et se mit face à elle, qui pleurait maintenant à chaudes larmes. Il la prit doucement dans ses bras.
-Chut... calme toi... qu'est ce qui se passe ? demanda-t-il avec tendresse.
-Mon...mon père...est...est mourant...
-Ne t'inquiète pas... je suis avec toi...
Elle avait posé sa tête sur son épaule et s'était calmée ; elle commençait à s'endormir. Il la porta jusqu'au canapé où il la déposa tout doucement. Il la regarda un instant avec un regard triste et se retourna pour repartir s'asseoir dans son fauteuil, mais la main de Lyly se referma sur son poignet.
-Reste, s'il te plait...
Il s'assit à côté d'elle.
La veille, après que le trio des serpentards soit parti, Pat s'était retournée vers les élèves qui descendaient des tables et s'était à nouveau excusée. Ron aidait Ginny qui en riait encore.
-Désolée pour chaton, murmura-t-elle à Ginny.
-Chaton ? demanda Ron, étonné.
-C'est le nom de son serpent... bizarre, n'est ce pas ?
Ils rirent tout les trois.
Pat bailla.
-Je vais me coucher !
-Moi aussi ! Ginny, Harry, Hermione ?
- Allez-y, on vous rejoindra tout à l'heure.
Sur le chemin, Ron observa discrètement Pat. Elle était vraiment jolie. Une fois dans leur salle commune, chacun partit dans son dortoir pour se mettre en pyjama.
Une demie heure plus tard, Pat redescendit près du feu pour lire un gros livre prêté par Hermione, ravie d'enfin pouvoir partager ses lectures. Ron avait envie de la voir une dernière fois avant de partir se coucher, il s'approcha donc du canapé dans lequel elle était assise. Elle était en train de farfouiller dans un porte-documents et venait d'en sortir une photo. Quand il s'assit, il remarqua qu'elle pleurait un peu.
-Ne t'inquiète pas... j'ai juste retrouvé une photo de...notre mère... et ça me fait un peu de peine.
-Elle te manque tant que ça ? Tu sais, tu pourras la revoir pendant les vacances...
-Pas tout à fait, elle est décédée il y a cinq ans... Tiens, regarde, elle est jolie, n'est ce pas ?
Il s'excusa et attrapa la photo.
-Oh ! Qu'est ce que tu lui ressembles !
C'était une belle femme d'un mètre soixante quinze, qui riait, ses deux enfants dans les bras.
-Vous aviez quel âge sur la photo ?
-Six ans...
-Vous étiez trop mignonnes ! C'est marrant, vous ne vous ressembliez déjà pas...
Pendant une heure, elle lui montra les photos de leur petite enfance, et il l'écoutait avec attention raconter leurs aventures ; elle lui avait dit que son père s'était remarié avec une femme qu'elles n'appréciaient pas beaucoup, surtout Lyly. Puis ce fut à son tour de parler de sa situation famille, et en particulier de ses nombreux frères et s½urs.
Puis ils s'endormirent tout deux sur le canapé, au coin du feu.
Le lendemain, Blaise fut le premier à descendre dans la salle commune. Il aperçut Lyly, endormie sur le canapé, et Drago qui s'était assoupi à côté d'elle. Il le réveilla d'abord.
-Qu'est ce qui s'est passé ? demanda-t-il.
-Elle a reçu une lettre de sa belle-mère...
-Humm...
Elle commençait à se réveiller.
-Bonjour ! dirent-ils ensemble.
-Bonjour ! J'ai trop faim !
- Normal, à cause d'une certaine personne que je ne cite pas, on n'a pas mangé hier soir, dit gentiment Blaise. Ils rirent, partirent s'habiller en cinq minutes, et descendirent dans la Grande Salle pour le petit déjeuner.
De son côté, Pat fut étonnée de se réveiller dans le canapé, des bras masculins autour de la taille. Elle se rappela la soirée « souvenirs d'enfance », sourit, et se blottit au creux de ses bras.
Quand elle descendit, Hermione regarda la scène avec tendresse « enfin ! » se dit-elle, et remarqua que Ron ne ronflait pas pour une fois.
Elle descendit prendre son petit-déjeuner ; comme c'était samedi et qu'il n'y avait pas cours, la Grande salle était presque vide, seuls quelques élèves de Poursouffle, quelques uns de Serdaigle, Parvati et Lavande à Gryffondor, et le trio de Serpentards étaient présents. Elle remarqua que Drago et Blaise étaient en train de sortir, et que Lyly s'approchait pour s'asseoir avec elle à la table des Gryffondors, ce qui choqua Lavande. Elle s'était rhabillée à la française, tout en noir, et elle avait les yeux légèrement rouges.
-Bonjour ! dit-elle.
-Bonjour, tu cherches Pat ? demanda gentiment Hermione.
-Oui, tu sais où elle est ?
-Avec Ron dans la salle commune...
-Se serait-il enfin décidé ? C'est une bonne chose...
-Pourquoi tu dis ça ?
-J'ai reçu une lettre de ma belle-mère... Notre père est malade et je sais que ça va lui faire de la peine...c'est à ce moment qu'intervient Ron, pour la consoler un peu...
-Son état est sérieux ?
-Je crois qu'on va bientôt le perdre...on va aller le voir ce week-end, c'est pour ça que j'ai besoin de parler à Pat.
-Je suis désolée.
-Tu n'as pas à l'être ! Je voulais aussi te remercier, toi et tes amis d'avoir si bien intégré ma s½ur, elle se sentait un peu seule au début...
-Mais on a rien eu à faire !
Elles rirent de bon c½ur.
-Viens, on va la chercher !
Elles entrèrent dans la salle commune des Gryffondors pour les réveiller, mais elles ne virent que Ron, rouge tomate, la main sur la joue.
-Ron ? appela Hermione.
-...
Il n'avait rien entendu.
-Ron !
-Hein ?
-Où est Pat ?
-Euh... dans le dortoir des filles...
Hermione monta et Lyly attendit en bas des marches de l'escalier, toute deux le sourire aux lèvres. Ron monta lui aussi s'habiller, la main toujours posée sur la joue.
En entrant, Hermione trouva Pat en train d'enfiler un tee-shirt français blanc.
-Toc toc, dit-elle en passant la porte.
Pat était rayonnante, les yeux brillants et le sourire aux lèvres.
-Bonjour Pat !
-Bonjour Hermione !
-Qu'as-tu fait à Ron pour le mettre dans cet état-là ?
-Un petit bisou... il a été adorable hier soir, du coup j'étais de bonne humeur.
Le grand sourire d'Hermione s'effaça soudain lorsqu'elle se rappela pourquoi elle était là.
-Ta s½ur est en bas, elle veut te voir tout de suite...
-D'accord, merci !
Elles descendirent ensemble dans la salle commune. Lyly n'y était plus.
-Elle doit t'attendre dans le Hall.
En sortant, elle vit sa s½ur, comme toujours, en compagnie de Drago et Blaise qui l'avaient rejointe. Elle s'approcha joyeusement.
-Bonjour !
-Salut, lui répondirent-ils tous en même temps.
-Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ?
-Bon, on va vous laisser, dit tranquillement Drago, tu viens quand t'as fini, d'ac ?
-Oui...
-Je crois que je vais finir par trouver une Gryffondor très supportable ! chuchota Blaise à Drago.
-Tais toi idiot ! ricana-t-il.
-C'est pas une nouvelle facile à entendre...
Pat perdit son sourire.
-Vas y, dis le...
-C'est papa...
-Non ! non, non, non... Ne me dis pas qu'il lui est arrivé quelque chose !
-Il est mourant...
-Ca n'est pas possible ! Comment tu le sais ?
-J'ai reçu une lettre de Belle-Maman hier soir...
-Peut-être qu'elle s'est trompée ! Et depuis quand tu la crois ? Tu l'aimes encore moins que moi !
-Tiens, lis, tu verras...
Elle sortit une missive et la tendit à Pat qui l'attrapa sans conviction.
Elle la lit lentement. Elle ne pleura pas. Elle laissa la lettre tomber par terre, devant le regard plus qu'étonné de sa s½ur.
Soudain, elle se recroquevilla sur elle-même et laissant échapper un long gémissement plaintif.
Lyly se pencha pour la prendre dans ses bras, mais elle se releva et partit vers son dortoir qu'elle savait vide à cette heure-là. Lyly ne chercha pas à la rattraper, il lui fallait seulement un peu de temps. Elle descendit dans la Grande salle où elle trouva Ron et Harry. Elle se dirigea vers eux, s'assit, et posa la tête dans ses bras. En entendant des sanglots, ils se rapprochèrent d'elle.
-Qu'est ce qui se passe ? demanda gentiment Harry.
-Notre père ne va pas bien et ma s½ur le supporte très mal, j'ai peur quand elle se met dans cet état là...
Ron se leva rapidement et courut hors de la salle.
-Il est amoureux je crois, dit-il tendrement, je ferais peut-être mieux d'y aller aussi...
-Ron va bien s'en sortir, j'en suis sûre !
Après dix minutes de course dans le château, Ron décida de sortir la chercher dans le parc. Il la trouva assise près du lac, à l'abri des regards ; elle lançait de petits cailloux dans l'eau et marmonnait à voix basse des paroles incompréhensibles.
Il s'assit à ses côtés et fit de même. Au bout d'un moment, il tourna la tête vers elle et essuya les quelques dernières larmes qui roulaient encore sur ses joues rougies ; il la regardait d'un regard très doux, qu'elle ne lui connaissait pas. Elle posa la tête contre son épaule et il caressa délicatement ses cheveux en lui murmurant des mots doux. Elle se calma rapidement et leva la tête pour regarder son visage, mais elle ne vit que sa nuque, il avait détourné les yeux. Elle le prit tendrement dans ses bras, et, rougissant, il enferma ses épaules entre ses bras. Leurs visages n'étaient, à présent, plus qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Pat sentit le c½ur de Ron s'accélérer, et ses oreilles rosir ; il contemplait ses lèvres, et voyant qu'elle s'en était aperçut, ils fermèrent les yeux et se rapprochèrent.
-Pat ! hurla Lyly.
Pat et Ron furent si surpris qu'ils faillirent tomber dans le lac glacé. Ils se séparèrent à une vitesse hallucinante.
Lyly, suivie de Harry, Hermione...Blaise et Drago ? accourait vers eux.
Pat lança un regard si noir à Lyly qu'Harry en recula d'un pas.
Elles se regardèrent sans rien dire pendant quelques minutes ; tous les observaient en silence.
Tout d'un coup, Lyly fut prise d'un si terrible fou rire, qu'elle en tomba à genoux par terre.
Tous se dévisagèrent « elle est devenue folle ? » pensèrent-ils en ch½ur.
Ils continuaient de les regarder, très surpris, excepté Hermione qui affichait un grand sourire.
Lyly releva la tête et essuya, d'un revers de main, les nombreuses larmes joyeuses qui ruisselaient sur son visage.
-Je peux savoir ce qui se passe ? demanda Blaise, totalement incrédule.
-Vous êtes des télépathes ! dit Hermione, triomphante.
-Quoi ? Sérieux ? dirent tous les autres d'une même voix.
Lyly fit un grand sourire et hocha la tête.
-On peut communiquer par la pensée...
-Woah ! Trop cool ! dit Blaise, survolté.
-On comprend mieux pourquoi vous vous êtes regardées si longtemps...dit Harry.
-Oui... ça marche jusqu'à ce que l'une d'entre nous ne casse le lien, ajouta Pat, toujours légèrement en colère.
-Est-ce que, par hasard, on peut savoir ce que Pat t'a dit de si drôle ? demanda Ron, intéressé.
-Elle m'a dit que j'étais arrivée pile au moment où...
Elle n'eut pas le temps de finir, Pat lui avait sauté dessus avec tant de précipitation qu'elles roulèrent jusqu'au bord du lac et y tombèrent.
Tous rirent gaiement, même Pat et Lyly, trempée jusqu'aux os. Ils les aidèrent à sortir et elles durent les quitter pour rentrer chez elles voir leur père.
Elles se préparèrent le plus vite possible, puis allèrent jusqu'au Pré au Lard pour transplaner jusque chez elles. Ils leur avaient tous souhaité bon courage et les avaient prises dans leurs bras. Elles étaient donc parties pas trop dépitées.
PS: dsl, l'image a rien à voir avec la fanfic, mais je l'aime bien quand même !